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  • Mon fils est un homme !

    Dès hier soir, via Facebook, mon fils savait qu'un blocus serait organisé au lycée.
    Dès hier soir, après avoir fait le point sur la réforme des retraites, nous étions d'accord sur le fait qu'il devait assister à ses cours.
    Bus matinal.
    "Allo, alors ?"
    "On ne peut pas rentrer !"
    "Mais si, tu peux puisqu'il y a déjà des élèves dans le lycée : je les vois... je suis garée à côté" - un petit crochet de 500 mètres après avoir conduit les deux juniors à l'école ;)
    "Bon, je vais essayer de rentrer !"
    "Si ce n'est pas possible, je viens t'aider..."
    Trémolo dans la voix de mon adododo... Du haut de ses 14 ans, il connait bien - trop bien - sa Maman. :))
    "Ne t'inquiète pas, Maman ! Ils bloquent le portail, mais j'y vais !"
    Mon fils est rentré. Mission accomplie !
    "Je suis fière de toi mon ange !"
    La CGT qui entourait le lycée n'aura pas réussi à séduire mon ado mineur !
    Hier, mon fils a simplement réfléchi, discuté avant de prendre la décision ou non de suivre ces meneurs badgés d'orange.
    Trop facile de surfer sur la vague de la révolte, de draguer sur l'anti-autoritarisme qui fascine les ados !
    Quel enfant - car ce ne sont que des enfants dont nous, parents, sommes responsables - n'est pas tombé un instant sous le charme du "Moins de travail ! Pas d'inégalités sociales !"...

    "Mais, Maman, par rapport au reste de l'Europe, nous sommes très favorisés..."

    Elève de 1ère, il a pris le temps de comprendre...
    Et depuis me revient sans cesse en tête ce poème de Kipling... qui est pour lui et rien que pour lui, ce matin :


    Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
    Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
    Ou, perdre d'un seul coup le gain de cent parties
    Sans un geste et sans un soupir ;

    Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
    Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
    Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,
    Pourtant lutter et te défendre ;

    Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
    Travesties par des gueux pour exciter des sots,
    Et d'entendre mentir sur toi leur bouche folle,
    Sans mentir toi-même d'un seul mot ;

    Si tu peux rester digne en étant populaire,
    Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
    Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
    Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

    Si tu sais méditer, observer et connaître
    Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
    Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
    Penser sans n'être qu'un penseur ;

    Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
    Si tu peux être brave et jamais imprudent,
    Si tu sais être bon, si tu sais être sage
    Sans être moral ni pédant ;

    Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
    Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
    Si tu peux conserver ton courage et ta tête
    Quand tous les autres les perdront,

    Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
    Seront à tout jamais tes esclaves soumis
    Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,

    Tu seras un Homme, mon fils.

    Rudyard Kipling