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landes

  • On line

    Comment faisait-on autrefois ? Comment faisait-on quand le web n'existait pas ?
    On s'écrivait. On se téléphonait.
    Aujourd'hui, on se "maile". On tchat.

    Plus moyen de voir si la main était tremblante en rédigeant cette lettre d'amour. Plus moyen de constater la colère qui animait ces propos virulents, dont les i étaient hornés de points posés avec rage.

    Plus moyen d'entendre dans la voix de l'autre, ce petit trémolo qui nous laissait penser que notre interlocuteur était ému. Plus moyen de partager larmes et fous rires.

    Si l'impersonnel a pris le pas sur les sentiments, nous avons gagné en réactivité... Une chose urgente à annoncer à plusieurs, "j'arrose" mes contacts du même mail ! Même si j'ai quatre téléphones chez moi, il est quand même plus simple de discuter en ligne avec quatre personnes à la fois... sans qu'elles s'impatientent trop de mes réponses parfois lentes - multiplicité des contacts oblige.

    Si j'avoue avoir perdu l'habitude de prendre la plume, préférant pianoter sur mon clavier, j'aime toujours entendre les sonneries retentir dans la maison. Au bout du fil, j'entendrai, j'écouterai l'autre. Le son de la voix me dira tout... Pourquoi tchater alors ? Peut-être justement pour garder un masque... tout en allant à la découverte de cette planète "On line".

    NB : je viens de recevoir un mail de l'un de mes frères, vous savez, le Landais des Landes... "La météo annonce un nouvel épisode exceptionnel en provenance de l'Atlantique nord pour la journée du mardi 11 février 2009." Et dire qu'il est vraiment calé en météo... ;o((

  • Pour la paix des hommes - témoignage

    Je viens de recevoir un mail que je VEUX partager avec tous. Celui de l'un de mes "petits" frères. Petit Frère pour lequel j'ai tremblé... :

    Ceci est le témoignage d'un phénomène naturel auquel j'ai assisté dans la nuit du vendredi 23 au samedi 24 janvier 2009. Celui-ci fut suffisamment exceptionnel pour qu'il soit nécessaire d'en relater les principaux faits. Il constitue selon moi un avertissement sévère et autoritaire qu'il serait judicieux d'entendre.

    La soirée s'annonçait douce dans le sud des Landes. Il faisait chaud, curieusement chaud pour un soir d'hiver. La futaie immobile laissait passer le bruit des vagues. Une houle hivernale déferlait comme à l'accoutumée sur le flanc des dunes. Un étrange silence enrobait le paysage et les pins, pilastres occitans, veillaient comme de bons gardiens à la tranquillité des lieux. La faune, étrangement absente, semblait avoir brutalement évacué les sous-bois.
    Chacun avec l'arrivée de l'obscurité vaquait à ses dernières occupations quotidiennes, et chacun se préparait à s'enfoncer paisiblement dans la nuit. Chacun s'apprêtait à plonger dans un rêve singulier sans se douter qu'au milieu du songe, surgirait de l'océan le plus inattendu des invités, le plus cruel  des fantômes, le plus terrible des spectres. Il arriva brutalement, sans prévenir, en un seul jet continu et mue par une force considérable, comme un troupeau d'animaux  jetés au galop. Il rasa tout sur son passage.

    Image 1.PNGA quatre heure du matin, précisément un souffle rauque pénétra soudain la forêt.
    Il ne s'agissait pas du bruit du vent, il s'agissait d'autre chose, d'un phénomène indescriptible et terriblement angoissant.  Il s'agissait d'un cri,
    d'un hurlement. On eut dit d'abord qu'une déferlante plus puissante que les autres et infiniment plus grosse s'abattait sur nous. On entendit le bois plier, les arbres craquer sous la pression du vent, puis les branches battre comme si les pins, devenus fous, lançaient leurs  longs bras dans le vide pour s'agripper au vide avant que de tomber. Ils succombaient sous l'assaut brutal, et lorsqu'une bourrasque s'abattait sur le sol, nous paraissant plus effrayante que la précédente, elle n'était qu'une prémisse à la suivante plus monstrueuse, plus gorgée d'énergie, plus assoiffée. La vie, plaquée au sol, écrasée, gémissait.

    Image 2.PNGNous  attendions l'instant ultime où le vent aurait atteint la force nécessaire pour nous emporter tels des fétus de paille. Fort heureusement il n'a jamais atteint cette vitesse bien qu'il l'ait frôlé souvent. Oui ! Oh oui ! Nous avons bien cru que rien n'arrêterait la bête immonde. Chaque salve tombait comme un éclair chargée de feu et tournoyait ivre dans l'air. La mer, gonflée elle aussi, martelait méthodiquement le pavé et faisait résonner ses tambours.  La nuit sourde était devenue lumineuse. et nous avons compris.
    Au petit matin, hagards, nous avons constaté les dégâts. Autour de nous, mutilée, suppliciée, la forêt comme un soldat vaincu offrait ses plaies béantes.
    J'ai vu dans son regard un oil accusateur, et je ne saurais dire alors quel sentiment exact s'empara de moi et se mélangea à la peur, mais je crois bien, trois jours après, qu'il s'agissait d'un sentiment de culpabilité.
    Puisse ce phénomène ne jamais se reproduire, pour la paix des hommes.

    Pierre-Axel
    Labenne, sud landes.
    27/01/09